La transition politique au Tchad après la disparition de MIDI, Thinking Africa

Auteur : Oumar Abdou ABBAMI

Organisation affiliée : Thinking Africa

Type de publication : Article

Date de publication : Mai 2021

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Depuis le 11 avril 2021, jour de l’élection présidentiel les groupes rebelles du front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT), ont lancé leur offensive contre les institutions de l’État depuis de leurs bases en Libye. L’armée s’est mobilisée sous le commandement du Marechal du Tchad Idriss Deby Itno (MIDI). Ce dernier est mort suite à ses blessures au front le 20 Avril 2021. Les soldats ont alors désigné un nouveau chef suprême des armées, le General de corps d’armée Mahamat Idriss Deby Itno, pour diriger le combat et sécuriser les institutions de l’État.

La prise de pouvoir par l’armée est décriée par beaucoup d’acteurs et institutions internationales qui appellent au retour de l’ordre constitutionnel. Ce dernier apparaît toutefois complexe en raison de la non mise en place du SENAT, car la constitution tchadienne de 2021, prévoit qu’en cas d’absence majeure constatée, c’est le président du SENAT qui doit succéder au chef de l’État et organiser les élections en 45 jours et, en cas d’empêchement de celui-ci, son vice-président.

Mais le Tchad n’a pas mis en place le SENAT et les militaires ont demandé au Président de l’assemblée d’assumer ce rôle, ce qu’il a refusé à cause de la complexité de ce pays et de son armée, qui n’obéit qu’aux militaires. L’armée a alors désigné le fils du défunt président Mahamat Idriss Deby comme nouveau commandant en chef pour assumer le rôle de chef de l’État durant 18 mois après la dissolution de la constitution et la mise en place de la charte de transition. Cette prise de pouvoir par l’armée est soutenue par l’ancienne puissance coloniale qu’est la France, mais aussi par plusieurs amis et soutien du Tchad au nom de la stabilité et de lutte contre le terrorisme au Sahel.

  • Échec des manifestations pour le retour à l’ordre constitutionnel

L’opposition tchadienne est, dans son ensemble, silencieuse, en dehors d’un petit groupe de partis d’opposition et de certains leaders des organisations de la société civile qui s’insurgent contre le CMT et enregistrent de plus en plus d’échecs cuisant dans la capital Ndjamena et d’autres villes du Sud et a Mongo au centre. La marche est organisée par un groupe d’opposition dénommée « WAKIT TAMMA » – le moment est venu en français, qui avaient appelé à manifester contre la prise de pouvoir par Mahamat Idriss Deby. En réalité, la marche qui devait être pacifique et bénéficier de la protection de la police a été très rapidement réprimée, du fait de l’attitude des manifestants radicaux qui ont cassé les stations d’essence Total en représailles contre le soutien de la France a ce régime.

  • L’offensive diplomatique du CMT

Le chef du CMT, dépêché en urgence, est petit frère et directeur de cabinet adjoint dans les pays d’Afrique central pour rencontrer les chefs d’Etat. Abdelkerim Idriss Deby a rencontré tour à tour les presidents Kgamé, Biya , Obyang, Sassou, Touadera, …, pour transmetrre le message du Président du CMT. Cette visite, première du genre dans ces pays depuis l’arrivée au pouvoir du CMT, montre la solidarité de ces pays avec le peuple tchadien.

Malgré les contestations d’un petit groupe des organisations de la société civile et des partis politiques d’opposition, sur le plan international nous avons vu la reconnaissance immédiate de la France et le soutien direct de l’union européenne

Le président du CMT, du Tchad a fait son premier déplacement en dehors du pays au Niger le lundi 10 Mai 2021. C’était sa première visite chez Mohammad Bazoum qui a été designé par ses pairs du G5 sahel médiateur dans la crise politique tchadienne après le décès du président Midi. Il a été accueilli à la descente de l’avion par le premier ministre du Niger Ouhoumoudou Mohamadou. Son tête-à-tête avec le président Bazoum a été chaleureux et il a pris la parole devant les médias pour la première fois. Après cette rencontre il a pris la direction de la base des soldats tchadiens aux trois frontières pour leur donner des consignes sur les respects d’engagements du pays et les respects des accords avec les partenaires.

  • La reconnaissance sur le plan interne et international

Nous avons constaté la reconnaissance de ce régime immédiatement par la population et la majorité des acteurs sociaux-politiques. Malgré les contestations d’un petit groupe des organisations de la société civile et des partis politiques d’opposition, sur le plan international nous avons vu la reconnaissance immédiate de la France et le soutien direct de l’union européenne. Même si la BAD a sanctionné, l’Union Africaine a fait des recommandations pour l’accompagnement du Tchad durant cette transition unique en son genre et très complexe. Enfin, la CMT et le premier ont continué leurs consultations pour la mise en place des institutions nouvelles et ont désigné les acteurs qui doivent les accompagner dans cette transition.

 

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